• Partners 01x01 - Pilot

    En ce début de saison, les séries se suivent et ne ressemblent pas. Et comme avec ladyteruki, on s'est lancé le défi de visionner et de commenter toutes les nouveautés possibles et imaginables, autant vous dire que le menu est très varié. Alors, pour que vous puissiez confronter nos points de vue si vous le désirez avant de composer votre régime télé de cette année, vous trouverez à la fin de chacun de mes articles consacré à une nouveauté une bannière sur laquelle il vous suffira de cliquer pour aller consulter l'article de ladyteruki sur le même sujet.

    Partners 01x01 - Pilot

    Après les comédies de FOX et de NBC, l'heure est venue de se pencher sur la seule nouveauté du genre de cette rentrée sur CBS : Partners.

    Qui, quand, où ?

    Partners est la nouvelle comédie du duo auquel on doit Will & Grace, David Kohan et Max Mutchnick, qui signent donc le scénario de ce premier épisode réalisé par James Burrows, également derrière la caméra des 194 épisodes de leur série précédente. La première diffusion a eu lieu le 24 septembre 2012 sur CBS.

    C'est avec qui ?

    La distribution principale est composée de David Krumholtz (Joe), Michael Urie (Louis), Sophia Bush (Ali) et Brandon Routh (Wyatt).

    De quoi ça parle ?

    Joe et Louis sont amis depuis leur plus tendre enfance et désormais associés dans un cabinet d'architecture. Joe est hétérosexuel et en couple avec Ali, Louis est homosexuel et en couple avec Wyatt.  Joe confie à Louis ne pas savoir que faire après avoir entendu Ali parler mariage. À l'issue de leur conversation, Joe décide de rompre avec la jeune femme, mais lorsque celle-ci s'explique et fait retomber la pression, il suit l'élan de son cœur et finit par lui demander sa main. Malheureusement pour lui, il omet d'en parler à Louis, qui a tôt fait de venir offrir une oreille compatissante à Ali après sa douloureuse rupture...

    Et j'en pense quoi ?

    Avant toute chose, un petit éclaircissement s'impose, car mon billet pas franchement enthousiaste - notez l'euphémisme - sur Guys with Kids pourrait porter à confusion : même s'il est souvent considéré comme le vilain petit canard en terme de production de séries télévisées, je n'ai absolument rien contre le format multi-camera. Vous connaissez l'adage : qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse !

    Il en existe cependant deux autres qu'on ne peut hélas, à mon sens du moins, pas tout à fait appliquer à Partners : on ne change pas une équipe qui gagne et c'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleures soupes.

    Ne vous méprenez pas, je ne suis pas en train de suggérer que le duo Kohan-Mutchnick se sépare, loin de moi cette idée, mais je déplore un peu le manque de renouveau dans leur travail car la recette de Partners, malheureusement, emprunte un peu trop à celle de Will & Grace à mon goût.

    Car voilà : devant les bien brèves dix-neuf minutes de ce pilote, j'ai plus eu l'impression de regarder Will & Jack qu'autre chose ! Si le personnage de Louis avait été moins caricatural, je n'aurais peut-être pas été aussi marqué par cet aspect, mais j'ai eu l'impression que Michael Urie faisait du Sean Hayes pendant tout l'épisode. Ça n'a pas vraiment aidé qu'on nous sorte de derrière les fagots une assistante hispanique qui se veut d'ores et déjà héritière de l'inimitable Karen Walker (désolé, il ne faut pas toucher au sacré !), du coup j'ai plus grincé des dents que ri aux éclats quand, au détour d'un couloir, elle le presse contre sa poitrine comme Jack et Karen se faisaient des stomach bumps au bon vieux temps !

    Ce que je vais dire va peut-être sembler paradoxal, mais même si le projet, basé sur la relation amicale réelle entre les deux auteurs, est en gestation depuis des années, je me demande si le problème principal n'est pas quelque part qu'il arrive un peu trop tôt à l'écran. Je m'explique : tout ça lorgne très fortement du côté de Will & Grace, mais celle-ci n'a quitté l'écran qu'en 2006, ce qui n'est pas si lointain dans la grande histoire de la télévision. Quand je regarde Hot in Cleveland ou Happily Divorced, je me laisse facilement attendrir par le facteur nostalgie, lié à mon appréciation de The Golden Girls et de The Nanny, mais le problème de Partners, c'est que la nostalgie de Will & Grace n'a, en tout cas pour moi, pas encore eu le temps de s'installer. Peut-être qu'en attendant une ou deux saisons de plus, je ne sais pas, mais là, j'ai juste eu l'impression qu'on me réchauffait un plat qui n'était pas encore froid. Du coup, ce qui ressort du pilote de Partners, c'est une impression de déjà-vu, mais pas encore tout à fait assez ancrée dans le passé pour emporter l'adhésion à grands coups de "Ah, ça fait du bien une bonne vieille série comme on n'en fait plus !" Vous voyez où je veux en venir ou c'est juste moi qui délire ?

    Je vous fais grâce du couplet sur les rires enregistrés ponctuant une réplique sur trois, même quand elle n'a rien de particulièrement hilarant, mais un autre problème de ce pilote à mes yeux, c'est son manque cruel d'enjeux. Tout ça est cousu de fil blanc, on se doute bien dès qu'il se produit que le quiproquo sera résolu et que tout rentrera gentiment dans l'ordre avant la fin de l'épisode, sous peine que l'histoire s'arrête purement et simplement là. Nos personnages sont d'ores et déjà ancrés dans une relation établie au fil des années, et on ne saurait, pour le moment du moins, les prendre séparément. Alors que dans Will & Grace, certes avec déjà une bonne partie de la série de passée, j'avais trouvé que les scénaristes s'en étaient relativement bien tirés avec le personnage de Will occupant seul le devant de la scène quand Grace avait été absente d'une poignée d'épisodes, grossesse de Debra Messing oblige.

    Là où ce pilote peine aussi, c'est à établir des personnages secondaires intéressants. Je ferai preuve de clémence en me contentant de dire que Brandon Routh est absolument transparent, mais Sophia Bush, en dépit d'une bonne alchimie avec David Krumholtz, ne s'en tire malheureusement pas beaucoup mieux, car elle n'a pas matière à le faire tant les personnages de Wyatt et Ali manquent cruellement de relief. Sean Hayes et Megan Mullally étaient rapidement parvenus à s'imposer comme des ingrédients indispensables de la recette du succès de Will & Grace, sans doute parce que les rôles étaient mieux écrits, mais peut-être aussi parce qu'ils étaient moins soucieux de leur image, n'étant pas préalablement connus du public des séries, et donc plus enclins à se laisser embarquer dans toutes les loufoqueries possibles et imaginables. Voilà encore quelque chose qui fait défaut à ce pilote, d'ailleurs, un brin de folie eut été le bienvenu...

    Vous l'aurez compris, sans pour autant le détester, je n'ai pas été convaincu par ce pilote, mais les échos que j'ai eus du second épisode sur Twitter laissent entendre que ça s'améliore. Les premières audiences ne sont pas bonnes du tout et une annulation se profile déjà à l'horizon, mais la moindre des choses que je puisse faire pour remercier les auteurs de Partners pour les huit saisons où ils m'ont fait rire à en avoir mal au ventre, c'est de leur accorder le bénéfice du doute et d'aller vérifier par moi-même. Je réserve donc mon verdict pour l'instant, avec l'espoir que les modifications nécessaires soient apportées pour permettre à la série de sortir de l'ombre de sa grande sœur.

    Tiens, je t'ai pas déjà vu quelque part, toi ?

    Partners a délibérément fait le choix d'être plus sobre que Guys with Kids en ne plombant pas son pilote avec une guest star prestigieuse. C'est honorable, mais ça ne fait pas vraiment mes affaires. :P

    Partners 01x01 - Pilot


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  • Commentaires

    1
    Jeudi 4 Octobre 2012 à 10:15

    Alors, je vois où tu veux en venir, mais je ne suis pas d'accord. Le temps, effectivement, aide, mais ça n'empêche pas forcément de s'attacher à une nouvelle série, d'autant que celle-ci est vraisemblablement le fait d'un duo qui a un sujet qui lui tient à coeur, et pas seulement à une chaîne qui veut recycler une recette supposée imparable (chaque saison, juste après la disparition d'une série importante, on voit ce genre de choses arriver, et c'est toujours un échec cuisant parce qu'on n'est pas encore remis de l'annulation de Urgences ou Dieu sait quoi). Du coup, je trouve qu'une demi-douzaine d'années, c'est plutôt raisonnable vu les circonstances.

    Après, si tu n'as pas adhéré à l'interprétation d'Urie, je pense que c'est pas très étonnant que tu aies du mal à accrocher, parce que 90% de l'humour repose sur lui (même quand c'est du grosses tatannes comme lorsqu'il chouine dans le canapé et qu'il en fait des tonnes). Je trouve que ça reste le personnage le plus touchant parce qu'outre son exubérance, c'est lui qui s'implique dans la vie de son ami.

    Pour ce qui est des perspectives à l'épisode suivant, sans vouloir te spoiler, je suis circonspecte. D'un côté certaines choses s'arrangent (le perso de Roush prend une vague couleur un peu originale, qui s'éloigne de la parenté Will & Grace, mais qui n'est pas forcément hilarante pour autant). Le personnage de Louis est vraiment écrit comme un scene-stealer et là encore, ça contredit la parenté, mais ça n'est pas un atout pour autant. Pour finir, il y a au moins un gag qui lui est par contre un copier/coller de la dynamique Jack/Karen, et le propos de l'épisode lui-même est douteux. Alors j'avoue que j'ai moins aimé le nouvel épisode par rapport au premier. Ca se trouve, tu en penseras exactement l'inverse, comme beaucoup de monde sur Twitter...

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