• Oyez, oyez, amis téléphages ! Les affaires reprennent ! La nouvelle saison est officiellement lancée ! Pour l'occasion, j'ai décidé d'accepter le défi proposé par ladyteruki. Ainsi, cette année, elle et moi allons tous les deux visionner et commenter les pilotes de toutes les nouveautés qu'on pourra se mettre sous la dent. Afin de vous permettre de lire un autre avis que le mien sur chacune de ces nouveautés, vous trouverez donc en bas de chacun de mes articles consacrés à une nouvelle série une bannière sur laquelle il vous suffira de cliquer pour aller consulter l'article de ladyteruki sur le même sujet.

    Rentrons donc, si vous le voulez bien, dans le vif du sujet, avec le premier pilote de cette nouvelle année télévisuelle : Go On.

    Go On 01x01 - Pilot

    Qui, quand, où ?

    Ce premier épisode réalisé par Todd Holland est le fruit de l'imagination de Scott Silveri, le créateur de la série et a été diffusé pour la première fois le 8 août 2012 sur NBC.

    C'est avec qui ?

    La distribution principale est composée de Matthew Perry (Ryan King), Laura Benanti (Lauren Bennett), Julie White (Anne), Suzy Nakamura (Yolanda), Tyler James Williams (Owen), Brett Gelman (Mr. K), Khary Payton (Don) et John Cho (Steven).

    De quoi ça parle ?

    Lorsque Ryan King, présentateur d'une émission de sport à la radio, revient travailler un mois après le décès de son épouse, il se heurte à son patron qui lui ordonne de participer à un groupe de soutien pour les personnes ayant vécu de violents chocs émotionnels. Dans un premier temps sceptique quant à l'intérêt de la démarche, Ryan va rapidement se remettre en question et accepter de venir se livrer chaque semaine à ce groupe d'étrangers.

    Et j'en pense quoi ?

    Que la saison démarre plutôt bien ! Pour rappel, Go On n'est pas seulement la première nouveauté diffusée cette saison, il s'agit également de la première série officiellement commandée cette année, et c'est un choix relativement audacieux que je ne peux qu'approuver. On aura beau ridiculiser NBC pour ses audiences anémiques, je la respecterai certainement pendant encore quelques temps plus que CBS et sa flopée de procedurals à toutes les sauces annuelle.

    Car si la loufoquerie de Go On rappelle sans le moindre doute la douce folie de Community (il n'est d'ailleurs probablement pas anodin que le plan où Ryan vient à la rencontre du groupe le montre devant un encart où le mot Community est mis en évidence), c'est bien face à une série atypique que nous nous trouvons ici. Très vite, le rire cède la place à l'émotion et le reste de l'épisode navigue d'une tonalité à l'autre avec un certain savoir-faire. J'avais évoqué au cours d'un article précédent vouloir rire plus cette année. C'est toujours le cas, mais je suis aussi avant tout un téléspectateur qui marche à l'émotion et j'avoue que ce mélange des genres n'est pas pour me déplaire. C'est en partie ce qui m'avait conquis dans Enlightened, qu'il me tarde de retrouver début 2013, d'ailleurs.

    Ce serait mentir que de prétendre que je ne partais pas avec un a priori positif sur Go On. Le pitch me plaisait, mais c'est à partir des premières annonces de casting que j'ai commencé à me dire que ça sentait plutôt bon. Même si Chandler est en milieu de liste dans mon classement des personnages de Friends par ordre de préférence (que je vous laisse le soin de tenter de deviner en commentaires, tiens !), c'est toujours avec plaisir que je retrouve Matthew Perry, au cinéma ou au détour d'un épisode d'Ally McBeal, de The West Wing ou de The Good Wife et j'avais adoré Laura Benanti dans la bien trop brève The Playboy Club diffusée par la même NBC la saison dernière, donc il était plus ou moins acquis d'office que je jetterais un œil à la série si elle venait à être commandée.

    Néanmoins, ce que j'appellerai "l'affaire New Girl" m'ayant appris à me méfier des bandes-annonces, c'est avec une certaine appréhension que j'abordais le pilote de Go On, ayant lu de brefs commentaires non-spoilants plutôt mitigés sur Twitter ces deux derniers jours. Mes doutes furent rapidement dissipés. Tout en alliant une distribution aux petits oignons de comédiens chevronnés autour du duo central, humour efficace et émotion savamment distillée parce qu'il ne s'agit pas de donner envie au spectateur de s'ouvrir les veines, ce pilote sait rendre ses personnages attachants et nous donner envie de revenir en deuxième semaine pour en apprendre plus à leur sujet. Il me tarde d'ores et déjà de découvrir quelle est la véritable faille de Lauren, car j'ai un peu de mal à croire qu'elle n'a été recrutée pour diriger les séances du groupe qu'en raison de son expérience au sein de l'organisation qu'elle évoque dans l'épisode, du moins je serais un peu déçu si cela devait s'avérer être le cas. J'ai également envie d'en savoir plus sur Anne et Yolanda notamment, et j'aimerais que la série continue à explorer la complicité qui semble naître entre Ryan et Owen.

    Go On ayant su m'ouvrir l'appétit pour la suite du programme, il reste à espérer qu'elle parvienne à maintenir le juste équilibre entre rire et larmes, pas nécessairement la tâche la plus aisée mais sans le moindre doute un exercice intéressant parfaitement géré dans ce pilote prometteur.

    Tiens, je t'ai pas déjà vu quelque part, toi ?

    Parmi les têtes aperçues au fil de cet épisode, on retiendra Allison Miller, rescapée de l'affligeante Terra Nova dans le rôle de Carrie, l'assistante de Ryan, et Bill Cobbs, qui a une filmographie longue comme une file d'attente un jour d'ouverture des soldes, dans celui de George, le vieillard aveugle.

    Go On 01x01 - Pilot


    10 commentaires
  • GCB - 01x01 - Pilot

    Après avoir fait la connaissance de la garce à laquelle il ne faut pas accorder sa confiance, j'ai décidé de poursuivre sur ma lancée en découvrant toute une brochette de pimbêches. Adieu New York, bonjour Dallas, lieu de l'action du nouveau soap coloré d'ABC !

    Qui, quand, où ?

    Le scénario du pilote de GCB, adaptation du roman Good Christian Bitches de Kim Gatlin, est signé par Robert Harling. La réalisation a été confiée à Alan Poul. Première diffusion sur ABC le 4 mars 2012.

    C'est avec qui ?

    La distribution principale est composée de Leslie Bibb (Amanda Vaughn), Jennifer Aspen (Sharon Peacham), Marisol Nichols (Heather Cruz), Miriam Shor (Cricket Caruth-Reilly), David James Elliott (Ripp Cockburn), Mark Deklin (Blake Reilly), Brad Beyer (Zack Peacham), Annie Potts (Gigi Stopper) et Kristin Chenoweth (Carlene Cockburn).

    De quoi ça parle ?

    Trois mois après son veuvage, Amanda Vaughn, ancienne reine de beauté, se retrouve dépossédée de tous ses biens lorsque ceux-ci sont saisis sur décision judiciaire après la découverte des activités illégales de son défunt mari. Elle décide alors de quitter la Californie avec ses deux enfants, Laura et Will, pour commencer une nouvelle vie à Dallas, où elle a grandi. Dans l'attente de trouver un emploi, ce qui lui permettrait d'investir dans une nouvelle maison pour ce nouveau départ, elle emménage dans l'immense demeure de sa mère, en face de laquelle vit Carlene Cockburn, une ancienne camarade de lycée à laquelle Amanda en a jadis fait voir de toutes les couleurs. Celle-ci a tôt fait de rassembler ses troupes pour faire payer à Amanda ses erreurs de jeunesse et lui montrer qui fait désormais la loi dans la métropole texane.

    Et j'en pense quoi ?

    Je ne vais pas faire durer le suspense : j'avoue que je sors de ce pilote avec un avis plutôt mitigé. Je n'ai ni adoré, ni franchement détesté et j'en suis le premier surpris car le peu que m'avait laissé entrevoir la bande-annonce me laissait penser que je serais soit conquis d'entrée de jeu soit profondément agacé. Il n'en fut rien car la série s'avère moins extrême que prévu et finalement, ce n'est pas désagréable.

    La première chose que j'ai faite à la fin de l'épisode, c'est foncer rechercher l'âge de Leslie Bibb, qui pour information a donc... ben tiens, allez chercher par vous-même, ça ne se fait pas de révéler l'âge d'une femme, bande de malotrus ! Trève de plaisanterie, ça peut sembler étrange quand on sait que la jeunesse est reine à Hollywood, mais pour le coup, j'ai eu du mal à l'accepter en tant qu'Amanda parce que physiquement, je la trouvais trop jeune pour le rôle. Tant qu'à faire dans la blonde passablement fadasse, pour le coup j'aurais presque préféré une Jennie Garth, voyez-vous. Loin de moi l'idée de dire que le reste de la distribution donne l'impression de sortir d'une maison de retraite, mais il est évident qu'il y a quand même quelques années entre Leslie Bibb et Kristin Chenoweth, donc ça m'a un peu gêné qu'on nous annonce qu'elles étaient d'anciennes camarades de lycée.

    Ceci étant dit, le reste de la distribution est relativement solide, la sus-nommée Kristin Chenoweth en tête, absolument hilarante dans son rôle d'ancien vilain petit canard surnommé Kitten, désormais méconnaissable suite à moult interventions de chirurgie esthétique et devenue l'omniprésente dirigeante du petit groupe d'ennemies d'Amanda, bien qu'elle fasse 1m60 à tout casser perchée sur ses talons de 15 centimètres. Je n'ai d'ailleurs pas pu m'empêcher de pouffer de rire en la voyant dans les bras de son mari Ripp, qui fait bien trois têtes de plus qu'elle, après la messe. Ce rôle d'incorrigible commère qui n'a de cesse de parsemer son discours de citations de la Bible pour justifier ses actions les plus discutables, nous offre dès ce pilote quelques scènes mémorables et c'est pour moi clairement le duel entre Amanda et Carlene qui s'annonce le plus intéressant pour la suite de la série. Pour ne rien gâcher, l'épisode se conclut par un tour de chant de Kristin Chenoweth pendant la messe, car quand on a la chance d'avoir quelqu'un avec une voix pareille dans sa distribution, on ne saurait feindre de l'ignorer.

    Pour le reste des personnages, outre une présentation assez grossière dans une scène où Amanda feuillette son yearbook avec sa mère et sa fille, on devine assez facilement à quel archétype chacune va correspondre : il y a Sharon, l'idiote de service qui peine à retenir l'intérêt de son mari depuis qu'elle a pris du poids, Heather, celle qui suit le groupe pour ne pas s'en faire des ennemies mais n'est pas foncièrement mauvaise dans le fond et Cricket, l'éternelle seconde particulièment vindicative, qui pense qu'Amanda lui a volé la vie qu'elle aurait dû avoir, mais s'est tout de même laissé voler  la position de meneuse de groupe par Carlene sans qu'Amanda n'ait rien à voir dans l'affaire.

    Et tout ce petit monde de s'inquiéter principalement d'une chose. Car voilà : dès son retour à Dallas, Amanda a commencé à recevoir des cadeaux d'un admirateur secret ! Nos quatre pimbêches vont donc s'employer durant tout le pilote à démasquer ce dernier, chacune redoutant plus que tout qu'il s'agisse de son cher et tendre, à l'exception d'Heather, seule célibataire du groupe. Il faut reconnaître que cette enquête de haut vol donne lieu à plusieurs scènes fort savoureuses, entre celle où Carlene surprend un baiser entre Amanda et Zack, le mari de Sharon, suspect numéro un puisque la voiture qu'Amanda a reçue provient de son garage et celle où Sharon prend ses jambes à son cou après avoir tenté d'usurper l'identité d'Amanda pour découvrir qui lui avait fait parvenir une carte-cadeau d'un montant exorbitant dans un grand magasin (que je ne citerai pas, désolé, les liens commerciaux intempestifs, j'ai déjà donné).

    Mais le développement de l'intrigue qui m'a le plus séduit, c'est incontestablement l'ultime affront d'Amanda. Quand celle-ci décroche un emploi dans un bar où les serveuses portent un uniforme minimaliste très seyant, Carlene et ses sbires ont tôt fait de lui signaler qu'on observe certaines règles de conduite dans leur milieu. Et c'est là qu'Amanda m'a enfin conquis, en refusant de se laisser intimider et en montrant qu'elle aussi pouvait devenir féroce si on la cherchait un peu trop. J'ai bien aimé aussi le panneau à l'entrée de l'église avec la citation biblique du jour, qui passe d'un "You Reap What You Sow" menaçant ("That's Texan for Karma!" nous dit Amanda) à un "Hell Hath No Fury" soulignant la détermination de notre héroïne à rendre coup pour coup en fin d'épisode et j'attends également de voir ce que va donner sur le long terme la cohabitation entre Amanda, Gigi et les enfants, car si elle ne démarre pas sous les meilleurs auspices, elle s'annonce riche en moments de rigolade.

    La résolution de l'intrigue de l'admirateur secret m'a un peu laissé sur ma faim, car je l'ai trouvée assez convenue, les suspects ne se bousculant pas vraiment au portillon mais je me rends toutefois compte de la richesse du pilote en écrivant ces lignes. S'il met du temps à établir son personnage central comme quelqu'un que le spectateur a envie de prendre en sympathie, il fourmille de petits détails amusants (en observant le yearbook, on peut voir que le surnom de Cricket au lycée était Jiminy, par exemple) et si les personnages féminins sont mis en avant, les rôles masculins ne sont pas pour autant négligés. On voit déjà se dessiner une potentielle attirance entre Amanda et Ripp, notamment, on s'amuse de la façon dont la jeune femme découvre la liaison homosexuelle de Blake ou de l'obsession de Zack pour Amanda, complètement indifférent au désir d'attention de Sharon, qui s'empiffre pour combler un vide émotionnel.

    Ne serait-ce que pour le plaisir de retrouver Kristin Chenoweth dans un rôle régulier, il va sans dire que j'ai l'intention de poursuivre le visionnage de la série, en éspérant qu'Amanda se révèle à l'occasion plus garce que son quartet de némésis, comme la savoureuse scène finale de la messe nous le laisse supposer. Je n'irai pas jusqu'à dire "On veut du sang !" mais le fan de soaps en moi ne cracherait certainement pas sur quelques coups bas bien sentis sortis du sac à malice de nos pétulantes protagonistes !

    Tiens, je t'ai pas déjà vu quelque part, toi ?

    Le rôle de Bill Vaughn, le mari peu recommandable d'Amanda est interprété par Greg Vaughan, que vous vous souviendrez peut-être avoir vu dans Charmed, où il tenait le rôle régulier de Dan Gordon au cours de la deuxième saison.


    1 commentaire
  • Don't Trust the B--- in Apartment 23 - 01x01 - Pilot

    Si ce second billet s'est fait attendre, c'est pour une raison très simple : l'embarras du choix ! Parmi toutes les nouveautés de cette mi-saison qui s'offraient à moi, j'ai longtemps hésité avant de décider par laquelle commencer. Mais puisque j'avais décrété vouloir rire plus cette année, j'ai fini par privilégier la comédie en single camera Don't Trust the B---- in Apartment 23 et vous présente aujourd'hui mon petit bilan de ce visionnage.

    Qui, quand, où ?

    La série a été créée par Nahnatchka Khan, qui signe évidemment le scénario de ce premier épisode, réalisé par Jason Winer. La date officielle de première diffusion sur ABC est le 11 avril 2012, mais il est à noter que les deux premiers épisodes ont été mis en ligne par la chaîne à disposition du public avant cette date.

    C'est avec qui ?

    La distribution principale est composée de Krysten Ritter (Chloe McGruff), Dreama Walker (June Colburn), Liza Lapira (Robin), Michael Blaiklock (Eli Webber), Eric André (Mark Reynolds) et James Van Der Beek (James Van Der Beek).

    De quoi ça parle ?

    Quand elle arrive à New York une semaine avant son vingt-sixième anniversaire, l'avenir de June s'annonce sous les meilleurs auspices : elle s'apprête à démarrer une nouvelle carrière dans la ville qui ne dort jamais, emménage dans un superbe logement fourni par son employeur au cœur de Manhattan et est sur le point de se marier. Mais le bonheur va être de courte durée : le jour où June devait prendre ses fonctions, la société au sein de laquelle elle avait été engagée ferme ses portes sur décision judiciaire quand le PDG est arrêté pour escroquerie et tous ses biens saisis, y compris l'immeuble où la jeune femme venait à peine de poser ses cartons ! Refusant de se laisser abattre par cette énorme déconvenue, June se lance immédiatement à la recherche d'un colocataire. C'est ainsi qu'elle fait la connaissance de la facétieuse Chloe, qui semble excéder ses critères de sélection. Non contente d'être fort sympathique, elle vit dans un superbe appartement et cerise sur le gâteau, son meilleur ami n'est autre que James Van Der Beek, l'acteur rendu célèbre par la série Dawson's Creek ! Mais June a tôt fait de découvrir que ce qui est trop beau pour être vrai ne l'est généralement pas : Chloe est en réalité une arnaqueuse qui empoche les loyers que lui versent les jeunes femmes en recherche de colocation avant de leur mener une vie infernale pour les faire déguerpir au plus vite !

    Et j'en pense quoi ?

    J'avoue que j'abordais ce pilote avec une certaine méfiance. D'abord, assez paradoxalement, parce que la bande-annonce m'avait enthousiasmé : c'était également le cas de celle de New Girl, sur laquelle je n'ai finalement pas accroché. Ensuite, et surtout, parce que le synopsis présentait d'énormes ressemblances avec celui de 2 Broke Girls, et je redoutais que Don't Trust the B---- in Apartment 23 ne tienne pas la comparaison. Fort heureusement, ce pilote d'excellente facture a eu tôt fait de dissiper mes doutes. Premier point : coup de cœur pour le casting ! Dreama Walker est ici aussi adorable qu'elle avait pu être irritante en petite pimbêche dans le Gran Torino de Clint Eastwood ou The Good Wife et au bout d'un seul épisode, il m'est d'ores et déjà impossible d'imaginer qui que ce soit d'autre que l'excellente Krysten Ritter dans le rôle de l'"abominable" Chloe ! Ça m'a également fait plaisir de voir le cœur mis à l'ouvrage par James Van Der Beek pour s'auto-parioder et je pense qu'on a sans le moindre doute gagné au change, sachant que le meilleur ami de Chloe était censé être Lance Bass à l'origine du projet .

    Je suis plus réservé sur les personnages secondaires : si je reconnais volontiers le potentiel de Mark (il a de la ressource, et pourrait s'avérer un bon modèle, voire plus si affinités, pour June), j'ai moins accroché avec Robin, la voisine de l'appartement 21 et Eli, le voisin d'en face, pour la simple raison que je redoute une éventuelle dérive cartoonesque des deux. Je n'ai rien en soi contre l'excentricité mais j'aime qu'un personnage un peu dingue reste dans les limites de la crédibilité. J'espère donc que l'obsession de Robin pour Chloe ne mènera pas les scénaristes vers des gags trop poussifs. Pour ce qui est d'Eli, pour l'instant, l'utilité du personnage est toute relative (cela s'améliore peut-être dans le second épisode, que je n'ai pas encore vu) et je crains surtout qu'il devienne un simple gimmick, uniquement là pour balancer des répliques salaces dès que l'occasion se présente. Toutefois, je leur accorde le bénéfice du doute pour le moment car j'admets volontiers qu'il n'est pas nécessairement évident d'établir tous les personnages en une vingtaine de minutes.

    Il fallait se concentrer sur les deux héroïnes et poser les bases de la série, et sur ce point, le pilote remplit parfaitement son contrat. Nos deux protagonistes ont chacune ce petit supplément d'âme qui fait à mon humble avis cruellement défaut à celles de 2 Broke Girls. Chloe est peut-être une incorrigible peste, elle n'en reste pas moins incroyablement attachante. Là où le scénario a frappé un grand coup selon moi, c'est en plaçant la scène où elle se jette au cou de Steven en séquence d'ouverture, accompagnée par la narration de June qui nous indique immédiatement que c'est la meilleure chose qui pouvait lui arriver, ce qui renforce notre envie d'aimer Chloe. Il y a également quelque chose de remarquablement sympathique dans sa désinvolture, quand elle parade nue devant la fenêtre sous le regard émerveillé d'Eli et celui ébahi de June, ou quand elle sort les pires horreurs possibles à June avec un grand sourire, notamment dans la scène de la salle de bain, quand elle vient tranquillement lui montrer le sac à main qu'elle a acheté avec l'argent qu'elle lui a extorqué sur le montant du loyer.

    Quant à June, j'ai aimé qu'elle soit un personnage positif sans être une sombre idiote pour autant.  Son refus de baisser les bras quand elle se retrouve à la rue (certes, je conviens que si elle avait plié bagage aussi sec pour rentrer pleurer chez sa mère, on n'aurait pas de série) et l'aplomb dont elle fait preuve en rendant la monnaie de sa pièce à Chloe établissent bien que ce n'est pas parce qu'elle est une petite provinciale qui débarque dans une grande ville que c'est une écervelée. Naïve, oui. Crétine, non. Et quand on voit défiler les membres de son entourage proche (des parents complètement azimutés et un fiancé bien gratiné), c'est d'autant plus remarquable.

    Grâce à une distribution solide, des répliques qui font mouche ("Anyone want to get weird and play Mario Kart?" XD) et des gags efficaces (qui n'a pas hurlé de rire quand Chloe fait boire le gamin sur lequel Steven expérimente pour lui soutirer des informations ?), je me suis aisément laissé prendre au jeu, j'ai ri à gorge déployée à plusieurs reprises et j'ai d'ores et déjà envie de voir la suite, ce qui est quand même l'objectif premier pour un pilote !

    Tiens, je t'ai pas déjà vu quelque part, toi ?

    Il serait de mauvais goût de vous faire l'affront de vous présenter James Van Der Beek, mais au rayon des invités, vous aurez peut-être reconnu Eve Gordon, qui avant de jouer la mère de June, fut celle d'une autre jeune femme fraîchement arrivée à New York, Felicity.


    3 commentaires
  • thirtysomething - 01x01 - Pilot

    Puisque j'entre officiellement dans la trentaine aujourd'hui, quoi de plus naturel que de me plonger à la découverte d'une série qui a fait de cet âge tant redouté son sujet d'étude ? Confortablement installé dans mon canapé, je suis parti cet après-midi à la rencontre des sept protagonistes de thirtysomething, série américaine de la fin des années 80 et je vais donc me servir de ce premier billet pour vous la présenter succinctement.

    Qui, quand, où ?

    Ce premier épisode est naturellement le fruit de l'imagination des créateurs de la série, Marshall Herskovitz et Edward Zwick. Il fut réalisé par le même Marshall Herskovitz et diffusé pour la première fois le 29 septembre 1987 sur ABC.

    C'est avec qui ?

    La distribution principale est composée de Timothy Busfield (Elliot Weston), Polly Draper (Ellyn Warren), Mel Harris (Hope Murdoch Steadman), Peter Horton (Gary Shepard), Melanie Mayron (Melissa Steadman), Ken Olin (Michael Steadman) et Patricia Wettig (Nancy Krieger Weston).

    De quoi ça parle ?

    Philadelphie, 1987. Michael et Hope  forment un jeune couple de trentenaires qui sentent leur vie leur échapper peu à peu depuis la naissance de leur fille Jane, âgée de sept mois quand commence la série. Mike regrette de ne plus avoir de réels moments d'intimité avec Hope, qui ne sait plus où donner de la tête depuis qu'elle s'occupe à plein temps de sa fille et ne souhaite pas reprendre son activité professionnelle. Quand le meilleur ami et la cousine de Mike, Gary et Melissa, leur demandent de venir camper avec eux un week-end pour se ressourcer, Hope écope de la tâche délicate qui consiste à recruter une baby-sitter pour Jane. Lorsque Mike, qui travaille dans la publicité, confie au détour d'une conversation à son associé Elliot qu'il lui arrive de se demander ce que cela ferait d'avoir une liaison avec l'une de ces femmes auxquelles il sourit quotidiennement dans la rue, celui-ci lui avoue avoir trompé son épouse Nancy et qu'il regrette de l'avoir fait. De son côté, la meilleure amie d'Hope, Ellyn, célibataire carriériste et sans enfant, lui confie qu'elle a peur que leurs choix de vie respectifs les éloignent irrémédiablement.

    Et j'en pense quoi ?

    Du bien. Même si les considérations autour de l'organisation de la vie conjugale et parentale du couple au centre de la série sont assez loin des miennes, étant à ce jour célibataire et sans enfant, je me suis quand même reconnu dans les doutes qui remuent Mike et Hope. Sans me retrouver tout à fait dans le rôle de l'éternel adolescent, j'avoue avoir beaucoup apprécié la part d'insouciance du personnage de Gary et j'ai également été touché par la détresse d'Ellyn, qui se sent dévaluée en société parce que les choix qu'elle a faits pour sa vie ne correspondent pas à ceux faits par la majorité. Les personnages ne sont pas parfaits et sonnent tout simplement vrai. Je n'ai pas eu l'envie irrépressible de considérer Elliot comme quelqu'un de méprisable parce qu'il a eu une liaison dont Nancy n'est pas encore au courant. La série a su éviter de faire dans le manichéen en nous présentant Elliot comme un être humain faillible et non comme un salopard à prendre en grippe dans les plus brefs délais. D'autre part, on ne sait quasiment rien sur Nancy pour le moment, si ce n'est qu'elle est constamment occupée à gérer sa vie de famille, peut-être nous réserve-t-elle elle aussi une surprise du même acabit.

    Quand Ellyn fait comprendre à Hope qu'elle ne se fait pas d'illusion et qu'elle sait pertinemment que tout le monde se questionne sur son célibat dans son dos, au moment où Melissa explose de rage en racontant que son dernier petit ami en date l'a trompée avec une fille qu'elle lui avait présentée ou encore et surtout quand Mike et Hope s'avouent à quel point ils étaient attachés à leur vie à deux et sont terrifiés par l'avenir en tant que parents, on ne peut s'empêcher de se dire que les préoccupations des trentenaires n'ont pas énormément changé au cours des vingt-cinq dernières années. Pas convaincu que ce soit très rassurant, mais c'est appréciable de voir une série dont les personnages se posent des questions existentielles et on ne saurait y rester insensible.

    Des personnages auxquels on s'identifie relativement aisément et une écriture qui se veut honnête tout en soulevant des questions difficiles, voilà qui me semble bien parti pour devenir une de mes futures séries de référence.

    Tiens, je t'ai pas déjà vu quelque part, toi ?

    Parmi les acteurs non-réguliers apparaissant dans cet épisode, les sériephiles les plus aguerris (ou les plus physionomistes, l'un n'excluant pas l'autre) pourront reconnaître Tim Russ, alias Tuvok dans Star Trek: Voyager et  Frank dans Samantha Who? - qui prête ici ses traits à un vendeur d'accessoires pour le camping. Dans la même scène, on retrouve également Kimberly Foster, alias Michelle Stevens dans Dallas, laquelle incarne ici une cliente du magasin sur laquelle Mike se prend à fantasmer tout éveillé.


    3 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique