• Incroyable mais vrai, voilà déjà une dizaine de jours que je n'ai posté aucune critique de pilote ! En cette période où ils pleuvent, voilà qui relève de l'hérésie ! Alors, on respire un grand coup, on se reprend en main et on poursuit ce passionnant défi qu'on s'est lancé avec ladyteruki de visionner et commenter toutes les nouveautés qu'on pourra se mettre sous la dent. Pour comparer nos avis, vous connaissez désormais le topo : à la fin de chacun de mes articles consacré à une nouveauté, vous trouverez une bannière sur laquelle il vous suffira de cliquer pour aller consulter l'article de ladyteruki sur le même sujet.

    Made in Jersey 01x01 - Pilot

    Puisque nous nous intéressions à la dernière comédie en date de CBS la dernière fois (au fait, pour info, après visionnage du second épisode qui m'a très agréablement surpris, j'ai décidé de poursuivre Partners), restons dans les parages pour nous pencher sur sa nouvelle série judiciaire : Made in Jersey.

    Qui, quand, où ?

    Le scénario du pilote de Made in Jersey est signé par la créatrice de la série, Dana Calvo. Il a été réalisé par Mark Waters et diffusé sur CBS le 28 septembre 2012.

    C'est avec qui ?

    La distribution principale est composée de Janet Montgomery (Martina Garretti), Pablo Schreiber (Luke Aaronson), Stephanie March (Natalie Minka), Toni Trucks (Cyndi Vega), Erin Cummings (Bonnie Garretti) et Kyle MacLachlan (Donovan Stark).

    De quoi ça parle ?

    Quatre semaines après son arrivée au sein du prestigieux cabinet Stark & Rowan, situé au cœur de Manhattan, Martina Garretti, jeune avocate issue du New Jersey, impressionne son patron par son indéniable bon sens au cours d'une réunion sur une affaire délicate et récolte le fruit de ses efforts en se voyant confier une autre affaire où il est question de défendre une étudiante accusée du meurtre de son professeur.

    Et j'en pense quoi ?

    Aujourd'hui, les premiers griefs que je vais adresser n'iront pas à l'encontre de la série qui fait l'objet de cet article mais, excusez cette dérive égocentrique, seront plutôt destinés à mon humble personne. N'y allons pas par quatre chemins : Made in Jersey est probablement ce que j'appellerai ma première vraie déception de la saison, et pourtant, ce n'est pas vraiment elle qui est en tort dans cette affaire.

    Le coupable ici, c'est moi. Moi, qui suis trop naïf malgré ma longue expérience de sériephile. Moi, qui vous avoue aujourd'hui non sans un certain embarras que bêtement, à la lecture du synopsis de Made in Jersey, j'avais fondé en elle l'espoir de trouver une dramédie pleine de charme, susceptible de pallier l'absence ô combien remarquée des grilles des grandes chaînes de programmes dans la lignée d'Ally McBeal (oui, je sais, ça fait dix ans que c'est fini, il va peut-être falloir que je m'en remette un jour où l'autre, mais que voulez-vous, on ne choisit pas impunément John Cage comme avatar...). Moi qui, pour le coup, ai tout simplement oublié un peu trop vite que la série était destinée à CBS, et que chez CBS, la dramédie, c'est pas tout à fait le genre de la maison.

    Non, non, la marque de fabrique de CBS, ne m'en déplaise, c'est le procedural, alors tant pis pour le charme, tant pis pour la loufoquerie et tant pis pour mes douces illusions, Made in Jersey sera un procedural de plus dans une grille déjà composée à 75% de procedurals et ça m'apprendra à avoir l'idiotie de croire qu'on peut annuler CSI: Miami pour la remplacer par une dramédie.

    Alors, vous me direz, mais concrètement, quid du contenu de ce pilote ? Eh bien, justement, le vrai problème est peut-être finalement là... Il n'y a pas grand-chose à en dire, parce que le pilote de Made in Jersey est ni plus, ni moins, un procedural parmi tant d'autres, qui se contente de suivre à la lettre les codes du genre, sans parvenir à se créer une identité propre.

    On a une héroïne qui, alors qu'elle était censée déborder de personnalité, ne nous inspire ni franche sympathie, ni irritation carabinée. Martina est travailleuse, elle a de la ressource comme nous le montre la scène un tantinet laborieuse où elle découpe son soutien-gorge après avoir taché son chemisier, elle connaît la vie parce qu'elle vient du petit peuple et elle est dotée d'un esprit de déduction qui ferait pâlir de jalousie Jessica Fletcher et Columbo réunis... bon, soit. Mais encore ? Peut-être que si l'équilibre entre l'enquête et sa vie de famille avait été mieux dosé, on aurait été en mesure de la trouver attachante. En l'état, sa grande famille de bons vivants chaleureux nous est à peine présentée et on peine à trouver une osmose entre les deux univers dans lesquels elle navigue. De même, ses relations avec les membres du cabinet sont survolées : son amitié avec son assistante, sa rivalité avec le personnage de Stephanie March ou encore la foi placée en elle par celui de Kyle MacLachlan nous sont présentées comme des faits indéniables, mais sonnent creux car rien ne vient les justifier.

    Pour autant, le pilote donne l'impression de passer vite, parce qu'il avance à un rythme effréné. À partir du moment où Martina se retrouve à travailler sur l'affaire du meurtre du professeur, l'enquête et ses conclusions aussi hâtives que pertinentes s'enchaînent et on aurait presque du mal à suivre la progression de l'enquête. Rien n'est approfondi et c'est malheureusement par cet aspect bien plus que par la tonalité de l'ensemble qu'on peut qualifier la série de légère. Finalement, le traitement des personnages comme de l'intrigue est tellement superficiel qu'on se retrouve face à un pilote qui s'il n'a rien de foncièrement rédhibitoire est sitôt vu, sitôt oublié.

    Je jetterai un œil au second épisode car il semblerait que la production, consciente des faiblesses du pilote, ait tenté d'y remédier, notamment en remplaçant les personnages de Pablo Schreiber et de Stephanie March par deux nouveaux arrivants incarnés par Kristoffer Polaha et Megalyn Echikunwoke, mais c'était très certainement un coup pour rien : trop peu, trop tard puisque l'annonce officielle a eu lieu ce mercredi, Made in Jersey se voit décerner l'insigne honneur d'être la première nouveauté annulée de la saison. Je ne pense pas vraiment pleurer sur son sort bien longtemps. J'aurais tôt fait de m'en retourner à l'imparfaite mais sympathique Drop Dead Diva pour combler mes envies de dramédie légale et d'oublier ce procedural lambda.

    Tiens, je t'ai pas déjà vu quelque part, toi ?

    Plusieurs têtes connues par les téléphages les plus aguerris dans ce premier épisode : outre Donna Murphy qui, ironie du sort, jouait l'accusée dans le crossover entre Ally McBeal et The Practice, dans le rôle de la mère haute en couleurs de Martina, vous aurez peut-être remarqué la présence de Ben Shenkman, vu notamment dans la superbe mini-série d'HBO Angels in America et plus récemment dans Damages ou celle de Gretchen Egolf, qui avait un rôle récurrent dans la seconde saison de Roswell. Voilà qui ne nous rajeunit pas !

    Made in Jersey 01x01 - Pilot


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  • En ce début de saison, les séries se suivent et ne ressemblent pas. Et comme avec ladyteruki, on s'est lancé le défi de visionner et de commenter toutes les nouveautés possibles et imaginables, autant vous dire que le menu est très varié. Alors, pour que vous puissiez confronter nos points de vue si vous le désirez avant de composer votre régime télé de cette année, vous trouverez à la fin de chacun de mes articles consacré à une nouveauté une bannière sur laquelle il vous suffira de cliquer pour aller consulter l'article de ladyteruki sur le même sujet.

    Partners 01x01 - Pilot

    Après les comédies de FOX et de NBC, l'heure est venue de se pencher sur la seule nouveauté du genre de cette rentrée sur CBS : Partners.

    Qui, quand, où ?

    Partners est la nouvelle comédie du duo auquel on doit Will & Grace, David Kohan et Max Mutchnick, qui signent donc le scénario de ce premier épisode réalisé par James Burrows, également derrière la caméra des 194 épisodes de leur série précédente. La première diffusion a eu lieu le 24 septembre 2012 sur CBS.

    C'est avec qui ?

    La distribution principale est composée de David Krumholtz (Joe), Michael Urie (Louis), Sophia Bush (Ali) et Brandon Routh (Wyatt).

    De quoi ça parle ?

    Joe et Louis sont amis depuis leur plus tendre enfance et désormais associés dans un cabinet d'architecture. Joe est hétérosexuel et en couple avec Ali, Louis est homosexuel et en couple avec Wyatt.  Joe confie à Louis ne pas savoir que faire après avoir entendu Ali parler mariage. À l'issue de leur conversation, Joe décide de rompre avec la jeune femme, mais lorsque celle-ci s'explique et fait retomber la pression, il suit l'élan de son cœur et finit par lui demander sa main. Malheureusement pour lui, il omet d'en parler à Louis, qui a tôt fait de venir offrir une oreille compatissante à Ali après sa douloureuse rupture...

    Et j'en pense quoi ?

    Avant toute chose, un petit éclaircissement s'impose, car mon billet pas franchement enthousiaste - notez l'euphémisme - sur Guys with Kids pourrait porter à confusion : même s'il est souvent considéré comme le vilain petit canard en terme de production de séries télévisées, je n'ai absolument rien contre le format multi-camera. Vous connaissez l'adage : qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse !

    Il en existe cependant deux autres qu'on ne peut hélas, à mon sens du moins, pas tout à fait appliquer à Partners : on ne change pas une équipe qui gagne et c'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleures soupes.

    Ne vous méprenez pas, je ne suis pas en train de suggérer que le duo Kohan-Mutchnick se sépare, loin de moi cette idée, mais je déplore un peu le manque de renouveau dans leur travail car la recette de Partners, malheureusement, emprunte un peu trop à celle de Will & Grace à mon goût.

    Car voilà : devant les bien brèves dix-neuf minutes de ce pilote, j'ai plus eu l'impression de regarder Will & Jack qu'autre chose ! Si le personnage de Louis avait été moins caricatural, je n'aurais peut-être pas été aussi marqué par cet aspect, mais j'ai eu l'impression que Michael Urie faisait du Sean Hayes pendant tout l'épisode. Ça n'a pas vraiment aidé qu'on nous sorte de derrière les fagots une assistante hispanique qui se veut d'ores et déjà héritière de l'inimitable Karen Walker (désolé, il ne faut pas toucher au sacré !), du coup j'ai plus grincé des dents que ri aux éclats quand, au détour d'un couloir, elle le presse contre sa poitrine comme Jack et Karen se faisaient des stomach bumps au bon vieux temps !

    Ce que je vais dire va peut-être sembler paradoxal, mais même si le projet, basé sur la relation amicale réelle entre les deux auteurs, est en gestation depuis des années, je me demande si le problème principal n'est pas quelque part qu'il arrive un peu trop tôt à l'écran. Je m'explique : tout ça lorgne très fortement du côté de Will & Grace, mais celle-ci n'a quitté l'écran qu'en 2006, ce qui n'est pas si lointain dans la grande histoire de la télévision. Quand je regarde Hot in Cleveland ou Happily Divorced, je me laisse facilement attendrir par le facteur nostalgie, lié à mon appréciation de The Golden Girls et de The Nanny, mais le problème de Partners, c'est que la nostalgie de Will & Grace n'a, en tout cas pour moi, pas encore eu le temps de s'installer. Peut-être qu'en attendant une ou deux saisons de plus, je ne sais pas, mais là, j'ai juste eu l'impression qu'on me réchauffait un plat qui n'était pas encore froid. Du coup, ce qui ressort du pilote de Partners, c'est une impression de déjà-vu, mais pas encore tout à fait assez ancrée dans le passé pour emporter l'adhésion à grands coups de "Ah, ça fait du bien une bonne vieille série comme on n'en fait plus !" Vous voyez où je veux en venir ou c'est juste moi qui délire ?

    Je vous fais grâce du couplet sur les rires enregistrés ponctuant une réplique sur trois, même quand elle n'a rien de particulièrement hilarant, mais un autre problème de ce pilote à mes yeux, c'est son manque cruel d'enjeux. Tout ça est cousu de fil blanc, on se doute bien dès qu'il se produit que le quiproquo sera résolu et que tout rentrera gentiment dans l'ordre avant la fin de l'épisode, sous peine que l'histoire s'arrête purement et simplement là. Nos personnages sont d'ores et déjà ancrés dans une relation établie au fil des années, et on ne saurait, pour le moment du moins, les prendre séparément. Alors que dans Will & Grace, certes avec déjà une bonne partie de la série de passée, j'avais trouvé que les scénaristes s'en étaient relativement bien tirés avec le personnage de Will occupant seul le devant de la scène quand Grace avait été absente d'une poignée d'épisodes, grossesse de Debra Messing oblige.

    Là où ce pilote peine aussi, c'est à établir des personnages secondaires intéressants. Je ferai preuve de clémence en me contentant de dire que Brandon Routh est absolument transparent, mais Sophia Bush, en dépit d'une bonne alchimie avec David Krumholtz, ne s'en tire malheureusement pas beaucoup mieux, car elle n'a pas matière à le faire tant les personnages de Wyatt et Ali manquent cruellement de relief. Sean Hayes et Megan Mullally étaient rapidement parvenus à s'imposer comme des ingrédients indispensables de la recette du succès de Will & Grace, sans doute parce que les rôles étaient mieux écrits, mais peut-être aussi parce qu'ils étaient moins soucieux de leur image, n'étant pas préalablement connus du public des séries, et donc plus enclins à se laisser embarquer dans toutes les loufoqueries possibles et imaginables. Voilà encore quelque chose qui fait défaut à ce pilote, d'ailleurs, un brin de folie eut été le bienvenu...

    Vous l'aurez compris, sans pour autant le détester, je n'ai pas été convaincu par ce pilote, mais les échos que j'ai eus du second épisode sur Twitter laissent entendre que ça s'améliore. Les premières audiences ne sont pas bonnes du tout et une annulation se profile déjà à l'horizon, mais la moindre des choses que je puisse faire pour remercier les auteurs de Partners pour les huit saisons où ils m'ont fait rire à en avoir mal au ventre, c'est de leur accorder le bénéfice du doute et d'aller vérifier par moi-même. Je réserve donc mon verdict pour l'instant, avec l'espoir que les modifications nécessaires soient apportées pour permettre à la série de sortir de l'ombre de sa grande sœur.

    Tiens, je t'ai pas déjà vu quelque part, toi ?

    Partners a délibérément fait le choix d'être plus sobre que Guys with Kids en ne plombant pas son pilote avec une guest star prestigieuse. C'est honorable, mais ça ne fait pas vraiment mes affaires. :P

    Partners 01x01 - Pilot


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  • La rentrée des séries étant officiellement là, je poursuis le défi que ladyteruki et moi nous sommes lancés. Pour rappel, nous avons pour objectif de visionner et commenter toutes les nouveautés qu'on pourra se mettre sous la dent cette année. Afin de comparer nos deux points de vue, il vous suffira donc de cliquer sur la bannière que vous trouverez à la fin de chacun de mes articles consacré à une nouveauté pour aller consulter celui de ladyteruki sur le même sujet.

    Guys with Kids 01x01 - Pilot

    Poursuivons chez NBC avec le dernier pilote de comédie que la chaîne nous offre en ce début de saison : Guys with Kids.

    Qui, quand, où ?

    Cette sitcom en multi-camera a été imaginée par Jimmy Fallon, Charlie Grandy et Amy Ozols. S'ils sont tous trois crédités pour l'histoire, le script du premier épisode est signé par le second uniquement. La réalisation a été confiée à Scott Ellis. Le lancement officiel de la série a eu lieu le 12 septembre 2012 sur NBC.

    C'est avec qui ?

    La distribution principale est composée d'Anthony Anderson (Gary), Jesse Bradford (Chris), Zach Cregger (Nick), Tempestt Bledsoe (Marny), Erinn Hayes (Sheila) et Jamie-Lynn Sigler (Emily).

    De quoi ça parle ?

    Gary, Chris et Nick, trois trentenaires amis et voisins, tentent tant bien que mal de jongler entre leurs vies de couple et leurs responsabilités de jeunes parents. Gary est constamment débordé depuis qu'il est devenu père au foyer pour s'occuper de ses quatre enfants, Chris ne prend aucune décision concernant son fils sans l'accord de son ex-femme Sheila et Nick est tellement occupé à passer du bon temps avec ses copains qu'il néglige quelque peu sa relation avec son épouse, Emily.

    Et j'en pense quoi ?

    Cette année, NBC a fait le tri dans les gens avec lesquels elle avait envie de travailler. Elle n'a pas voulu de The Mindy Project que lui présentait une actrice de The Office et a prié Dan Harmon, créateur de Community, d'aller voir si l'herbe était plus verte ailleurs, ce qu'il n'a pas manqué de faire, puisqu'il a déjà plusieurs projets pour d'autres chaînes en chantier. En revanche, J.J. Abrams et Ryan Murphy ont été accueillis à bras ouverts, avec les résultats qu'on connaît. Pas franchement certain qu'on ait gagné au change, mais bon, que voulez-vous, je ne suis pas dirigeant de chaîne, alors soit... Pour montrer que les vedettes maison n'étaient pas toutes devenues persona non grata, la chaîne a commandé un projet à la star très populaire de son late night show et voilà comment Guys with Kids s'est retrouvée à l'antenne. Ce serait bête de se mettre quelqu'un qui a du succès à dos, après tout !

    Le problème là-dedans, me direz-vous ? NBC ferait peut-être mieux de se soucier de la qualité du contenu de ses séries de rentrée que de rester dans les bonnes grâces de Pierre, Paul, Jacques et François. Parce que soyons clair, à part pour flatter l'ego d'une de ses figures emblématiques, je ne vois vraiment pas dans le produit fini quoi que ce soit qui justifiait une commande. Je ne vais pas y aller par quatre chemins : ces vingt-deux minutes ont été longues et douloureuses. Les répliques sont téléphonées, les gags sont éculés, les décors sont d'une laideur qui forcerait presque l'admiration : bref, c'est un véritable retour au pire de ce qu'on a pu voir en la matière dans les années 80 et 90 !

    Arrêtons-nous un instant sur les personnages, si vous le voulez bien. Au rayon des archétypes vus et revus une cinquantaine de fois, nous retrouvons : le jeune divorcé paumé, tellement dépassé par les événements qu'il n'est pas fichu de prendre la moindre décision concernant l'éducation de son fils sans consulter son ex-femme tyrannique, le débordé émasculé, qui lutte en vain pour conserver un semblant d'autorité sur sa tribu alors que sa femme qui porte la culotte prend du bon temps avec ses copines, et enfin, l'immature monsieur "plus cool que moi, tu meurs", qui regarde ses potes se démener d'un œil amusé et pioche à l'envi dans sa réserve de répliques bien senties pour les remettre en place dès que la moindre occasion se présente.

    Pour autant, même avec des personnages qui n'ont vraiment rien de folichon à nous présenter, le casting n'est pas vraiment à jeter : les téléphages les plus aguerris se réjouiront brièvement, avant de se demander ce qu'ils sont venus faire dans cette galère, de retrouver les visages familiers de Jesse Bradford, Tempestt Bledsoe ou Jamie-Lynn Sigler. Même Zach Cregger, que je ne connaissais pas auparavant, puisque je n'ai pas vu Friends with Benefits, ne m'a pas semblé dénué de talent.

    Ce qu'on déplorera en définitive, c'est que les auteurs et producteurs de Guys with Kids n'aient pas déployé autant d'énergie à fournir un pilote de qualité qu'ils semblent en avoir consacré à trouver l'interprète de Sheila. Vous me direz, ils se seraient sans doute simplifié la tâche s'ils n'étaient pas allés bêtement chercher Sara Rue, déjà engagée sur un autre pilote développé au même moment pour un rôle régulier, quand il s'est agi de remplacer Courtney Henggeler, le choix initial. Un premier tournage et des milliers de dollars gaspillés par la chaîne pour rien plus tard, le rôle échoit finalement à Erinn Hayes.

    Ah, et autre chose, NBC. Même si c'est très à la mode ces derniers temps de nous proposer des comédies s'articulant autour des bébés (une petite pensée pour Raising Hope, Up All Night et The New Normal), parce qu'ils sont tellement mignons que le public ne saurait leur résister, encore faudrait-il que les pauvres enfants en question ne soient pas réduits au simple statut d'accessoires. J'ai eu mal au cœur devant Guys with Kids en voyant tous ces petits bouts visiblement pas du tout à leur aise sur le plateau être tour à tour trimballés en sac kangourou, reniflés ou lancés en l'air par la guest star prestigieuse de l'épisode. Ça ne vous aura peut-être pas autant marqués que moi, mais je vous assure que si vous regardez bien leurs visages, par moment, les pauvres ont vraiment l'air malheureux comme les pierres.

    Bref, inutile de m'éterniser sur le sort de Guys with Kids, je pense que vous avez d'ores et déjà compris que j'allais passer mon chemin pour la suite et que je vous conseillais vivement d'en faire de même, devant la pauvreté inexcusable de la série. Et même si vous avez des tendances masochistes et comptez voir ce qui suit, ne vous en faîtes pas : au vu des premières audiences, la série ne devrait pas passer l'hiver. En toute franchise, ça ne m'empêchera pas de dormir sur mes deux oreilles.

    Tiens, je t'ai pas déjà vu quelque part, toi ?

    Au rayon des invités de l'épisode, les amateurs de basket parmi vous auront probablement reconnu le célèbre Kareem-Abdul Jabbar, qui tient ici son propre rôle. Les spectateurs de Crossing Jordan devraient pour leur part se souvenir d'Alex McKenna, alias Abby Macy dans la série, qui incarne ici Megan, la jeune femme avec laquelle Chris a un rendez-vous galant.

    Guys with Kids 01x01 - Pilot


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  • Vous le savez, cette saison, j'ai accepté le défi proposé par ladyteruki. Cette année, elle et moi allons visionner et commenter toutes les nouveautés qu'on pourra se mettre sous la dent. Pour comparer nos avis, il vous suffira donc de cliquer sur la bannière que vous trouverez en bas de chacun de mes articles consacré à une nouvelle série pour aller consulter celui de ladyteruki sur le même sujet.

    Ben and Kate 01x01 - Pilot

    Ce mardi, sandwichée entre deux épisodes de New Girl, vous pourrez découvrir la nouvelle comédie de FOX, Ben and Kate, à laquelle nous nous intéressons aujourd'hui.

    Qui, quand, où ?

    Ben and Kate a été créée par Dana Fox, qui signe donc le scénario de ce premier épisode, réalisé par Jake Kasdan. Sa première diffusion officielle aura lieu le 25 septembre 2012 sur FOX. Toutefois, il est à noter que l'épisode a été mis à disposition des usagers d'Hulu par la chaîne dès le 27 août.

    C'est avec qui ?

    La distribution principale est composée de Dakota Johnson (Kate Fox), Nat Faxon (Ben Fox), Lucy Punch (BJ), Maggie Elizabeth Jones (Maddie Fox) et Echo Kellum (Tommy).

    De quoi ça parle ?

    Kate Fox est mère célibataire d'une petite fille âgée de cinq ans, Maddie. Alors qu'elle pense enfin être sur la bonne voie pour filer le parfait amour avec un certain George, son frère aîné, Ben, gâche la fin d'un de leurs rendez-vous, lorsqu'il arrive chez elle à l'improviste une fois de plus. Ben ne tarde pas à découvrir que son ex-petite amie Darcy est sur le point de se marier et sollicite alors l'aide de Kate, de sa collègue et meilleure amie BJ et de son meilleur ami Tommy pour reconquérir le cœur de la jeune femme et l'empêcher d'en épouser un autre...

    Et j'en pense quoi ?

    Hélas, que ce pilote est tout à fait à l'image du plan mis en place par nos protagonistes pour saborder le mariage de Darcy : aussi laborieux qu'inefficace.

    Comme The Mindy Project, le pilote de Ben and Kate s'ouvre sur une voix off qui sert à planter le décor. Le problème, c'est que là où celle de Mindy fonctionnait comme présentation succincte de la personnalité de l'héroïne, celle de Kate ne nous révèle pas grand-chose qui nous donne envie de nous attacher à elle. Elle se contente de nous présenter de simples faits : nos deux héros n'ont pas eu une enfance facile, ils ont donc eu une transition vers l'âge adulte compliquée. Si Ben est demeuré un éternel adolescent, Kate a pour sa part grandi trop vite lorsqu'elle s'est retrouvée enceinte et que le géniteur de l'enfant s'est enfui à l'annonce de la nouvelle. Soit.

    À peine Kate a-t-elle eu le temps de nous expliquer que son frère n'a de cesse de se pointer chez elle sans prévenir que le voici qui débarque, alors qu'elle s'apprêtait à finir la soirée dans les bras d'un charmant jeune homme. Kate met donc à regret fin à son rendez-vous, mais on ne s'embête pas à nous expliquer ce que Ben vient faire là. Tout le monde part se coucher et on retrouve nos deux héros le lendemain.

    Au bar où travaille Kate, Ben confie à son ami Tommy, lequel a visiblement des vues sur la jeune femme, qu'il ne fait absolument pas confiance à George, qu'il n'a jusqu'alors pourtant vu qu'environ trois minutes montre en main. Arrive alors BJ, la copine-collègue anglaise de Kate, qui demande à Ben ce qu'il fait dans le coin mais celui-ci se garde bien de répondre.

    Ce n'est qu'au bout de six minutes (un bon quart de l'épisode, quand même) que la petite Maddie arrive à tirer les vers du nez à son oncle et que nous découvrons que Ben est là parce qu'il a reçu un e-mail de son ex lui demandant de l'appeler au plus vite. S'ensuit une scène qui se veut hilarante dans laquelle tous deux, postés dans la voiture de Ben, observent la jeune femme avec des jumelles, et où Ben se retient de jurer pour ne pas choquer les jeunes oreilles de sa nièce en découvrant que l'objet du fameux e-mail était le mariage imminent de son ex. Et c'est à peu près à ce moment-là que j'ai compris que si elle était susceptible de plaire à certains, Ben and Kate n'était pas faite pour moi, pour un problème de taille : c'est typiquement le genre de comédie qui fonctionne sur le rapport du spectateur aux acteurs et il ne m'a pas fallu bien longtemps pour trouver Nat Faxon absolument insupportable. Ses mimiques m'ont plus agacé qu'amusé, et franchement, il est d'ores et déjà en bonne voie pour remporter le Prix Whitney Cummings © de "Tête-à-claques qui se croit drôle" de la saison !

    Malheureusement, le reste de la distribution n'arrange pas grand-chose à l'affaire : Dakota Johnson est très jolie et je ne l'ai pas trouvée mauvaise comédienne, mais il lui manque à mon sens ce petit grain de folie qui rend les héroïnes de sitcoms irrésistibles. Je ne suis pas vraiment certain que le problème vienne d'elle, c'est peut-être dû à l'écriture de l'épisode, mais toujours est-il que j'ai moins de mal à l'imaginer en tête d'affiche d'une comédie romantique qu'en héritière de Lucille Ball. Je vous concède toutefois volontiers que j'en attendais peut-être trop de sa part, au vu de l'enthousiasme général qu'avait suscité l'annonce de son casting suite aux essais peu concluants d'Abby Elliott, je lui accorde donc le bénéfice du doute.

    Vous allez sûrement me trouver odieux d'oser m'en prendre à une enfant mais je dois dire que je n'ai pas non plus été convaincu par la petite Maggie Elizabeth Jones. En dépit de son adorable frimousse, j'ai trouvé qu'elle manquait de naturel, comprenez que j'ai eu à plusieurs reprises l'impression qu'elle attendait sagement de pouvoir placer ses quelques répliques connues sur le bout des doigts.

    Même Lucy Punch, qui d'habitude me fait hurler de rire (je me souviens encore de ses prestations tordantes dans Being Julia et You Will Meet a Tall Dark Stranger), a peiné à m'arracher un demi-sourire dans une scène fastidieuse où BJ prodigue ses précieux conseils de séduction à Kate.

    Outre ce problème d'imperméabilité à la distribution, je n'ai pas non plus été franchement transporté par l'intrigue. Les résolutions des trames principales de l'épisode étaient selon moi cousues de fil blanc, j'ai d'ailleurs regretté que l'histoire avec George aille exactement là où on l'attendait et l'une des toutes dernières scènes était prévisible à la seconde même où nos deux protagonistes évoquent ensemble un de leurs souvenirs.

    Au final, en regardant Ben and Kate, j'ai eu l'impression que FOX avait décidé de la mettre à l'antenne principalement parce qu'elle voulait absolument une comédie qui s'articule autour de la famille pour accompagner Raising Hope dans sa grille et que parmi ses diverses options, c'était le produit fini le plus acceptable. Je tiens tout de même à préciser que si je n'ai personnellement pas accroché, la série n'est en soi absolument pas irregardable. Je n'y ai pas trouvé mon compte, mais vous aurez peut-être plus de patience que moi pour lui laisser le temps de trouver son rythme et de faire ses preuves.

    Tiens, je t'ai pas déjà vu quelque part, toi ?

    Dans le rôle du beau George qui met Kate dans tous ses états, vous aurez peut-être reconnu Jon Foster, qui tenait le haut de l'affiche il y a quelques années dans Life As We Know It et partageait plus récemment avec Jenna Elfman celle d'Accidentally on Purpose.

    Ben and Kate 01x01 - Pilot

     


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  • Mine de rien, on est déjà à la mi-septembre, alors il ne s'agit pas de ralentir la cadence. Alors que le rythme des diffusions s'intensifie, ladyteruki et moi-même poursuivons notre défi de la saison : visionner et commenter toutes les nouveautés qu'on pourra se mettre sous la dent. Vous avez compris le fonctionnement, afin de comparer nos points de vue, vous trouverez à la fin de chacun de mes articles consacré à une nouvelle série une bannière sur laquelle il vous suffira de cliquer pour aller consulter l'article de ladyteruki sur le même sujet.

    Revolution 01x01 - Pilot

    Après avoir lancé les premières comédies de la saison, NBC ouvrira dès lundi le bal des nouvelles séries dramatiques avec Revolution, sur laquelle nous allons donc nous pencher aujourd'hui.

    Qui, quand, où ?

    Revolution est le fruit de l'imagination d'Eric Kripke. Le pilote, réalisé par Jon Favreau, sera officiellement diffusé le 17 septembre 2012 sur NBC. Il a cependant été mis en ligne à disposition du public sur le site officiel de la chaîne dès le 4 septembre.

    C'est avec qui ?

    La distribution principale est composée de Billy Burke (Miles Matheson), Tracy Spiridakos (Charlie Matheson), Giancarlo Esposito (Capitaine Tom Neville), Zak Orth (Aaron Pittman), David Lyons (Sebastian 'Bass' Monroe), Anna Lise Phillips (Maggie Foster), Graham Rogers (Danny Matheson), JD Pardo (Nate Walker), Tim Guinee (Ben Matheson), Maria Howell (Grace Beaumont) et Elizabeth Mitchell (Rachel Matheson).

    De quoi ça parle ?

    Par une soirée en apparence tout ce qu'il y a de plus ordinaire, l'électricité et toutes les sources d'énergie non-naturelles cessent de fonctionner. Quinze ans plus tard, Ben Matheson est abattu lorsqu'il tente de résister à la milice venue le chercher dans le village où il s'était installé avec ses enfants et sa nouvelle compagne. Avant de rendre son dernier soupir, il fait promettre à sa fille Charlie de secourir son fils Danny, qui a été fait prisonnier et de prendre contact avec son frère Miles, qui se trouve à Chicago. La jeune femme entame alors un périple à la recherche de son oncle.

    Et j'en pense quoi ?

    Ma crédibilité va très certainement en prendre un coup, mais je vais devoir revenir sur les propos que je tenais le mois dernier. Souvenez-vous, ce n'est pas si lointain, à l'évocation du pilote de Go On, je félicitais NBC pour son audace d'avoir choisi de mettre à l'antenne un projet aussi casse-gueule. J'aurais peut-être mieux fait de tourner ma langue sept fois dans ma bouche avant de leur jeter des fleurs, parce que depuis, j'ai vu Animal Practice, The New Normal et Revolution... et ça m'a donné des envies de meurtre !

    La première personne que je vais pointer d'un doigt accusateur avant de prendre la chose par le menu détail, c'est Eric Kripke. Comment peut-on avoir l'outrecuidance de pondre un script aussi rétrograde et d'oser l'intituler Revolution ? Il faut vraiment ne douter de rien !

    L'épisode s'ouvre sur une séquence de trois minutes trente montre en main au cours de laquelle Ben rentre chez lui complètement paniqué et annonce à son épouse Rachel que toutes les sources d'énergie vont s'éteindre. À peine le temps de le voir passer un coup de fil à son frère et charger un connecteur qui ressemble à une clef USB qu'il conservera précieusement que tout s'arrête effectivement de fonctionner et nous voici projetés quinze ans plus tard !

    Au lieu de prendre le temps de nous montrer ne serait-ce qu'un minimum comment la société s'adapte au cours de cette ellipse temporelle, une voix off se charge d'envoyer balader toute question à ce sujet d'un revers de la main en quarante-cinq secondes à tout casser.

    Lorsque nous retrouvons Ben vivant dans un hameau avec ses enfants désormais adolescents (car les gens intelligents ont fui les villes, selon la voix off) , on fait la rencontre de sa nouvelle compagne Maggie, la doctoresse du coin et de son ami Aaron, un ancien employé de Google qui fait office de professeur pour les enfants du village. Et accessoirement, on découvre au détour d'une réplique que son épouse Rachel est décédée au cours des quinze années écoulées depuis la séquence d'ouverture, mais bien entendu, on se garde bien de nous en dire plus sur les circonstances de sa tragique disparition.

    Mais attention ! Il nous faut à tout prix une grosse louche d'émotion, alors c'est parti pour un flashback sans intérêt dans lequel on découvre enfin la préoccupation première de Ben et Rachel juste après le blackout : faire finir le pot de crème glacée qui est en train de fondre dans le congélateur à la petite Charlie, parce que de toutes les informations auxquelles elle n'aura plus accès pendant les années à venir, la plus importante à retenir, c'est le goût de la crème glacée ! Et pendant ce temps-là, les avions tombent au sol, mais on s'en fout. Curieux sens des priorités, à mon humble avis...

    Soudain, pour on ne sait trop quelle raison, la milice emmenée par le capitaine Neville débarque au village en exigeant de parler à Ben. Celui-ci demande bravement ce que le pouvoir en place lui veut et en guise de toute réponse se fait engueuler comme du poisson pourri par l'odieux vilain méchant qui hurle pour éviter au scénariste d'avoir à se creuser la cervelle pour trouver une explication valable à sa venue au village. Vous n'avez pas encore compris ? Toutes les informations potentiellement importantes se doivent d'être distillées au compte-gouttes, il ne s'agit pas de perdre le spectateur en le noyant dans les détails superflus, voyons ! Pour ne rien arranger à l'affaire, Giancarlo Esposito en fait des caisses dans le rôle du militaire sadique, j'en étais presque étonné que chacune de ses répliques ne soit pas ponctuée par un caquètement machiavélique dans le genre MWAHAHAHAHAHAHA !

    Comme ce brave Ben a le sens du sacrifice, le voici bientôt prêt à quitter le hameau malgré les suppliques éplorées de Maggie quand soudain, voilà que Danny se rebiffe et menace la milice, muni d'une arbalète. Il n'en faut pas beaucoup plus pour que les villageois se joignent à l'adolescent aussi tête-brûlée que tête-à-claques. Donc, je résume : ça fait supposément des années que ce gouvernement est en place, y'en avait pas un pour sortir l'artillerie et mener les autres à la rébellion mais il suffit qu'ils viennent chercher l'un d'entre eux et ils sont prêts à massacrer la milice ? Mais bien sûr !

    La milice ouvre le feu et s'ensuit une bataille plus ridicule que terrifiante, au cours de laquelle Ben prend une balle dans le torse. En entendant le coup de feu, Charlie se précipite au cœur du village pour y trouver son père mourant. Le temps qu'elle parvienne sur les lieux, la milice a déjà levé le camp, se contentant dans sa grande bonté d'âme de ne faire qu'un seul prisonnier en la personne de Danny, préférant pour on ne sait quelle obscure raison laisser au reste de leurs assaillants libre cours pour tenter une opération de sauvetage quand bon leur semblera.

    Comme dans toute scène déchirante qui se respecte, Ben a le temps de parler à sa fille pendant une bonne minute et demie avant de succomber à ses blessures pour mourir en héros. La scène est heureusement sauvée d'un ridicule total par la justesse de l'interprétation de Tracy Spiridakos, qui parvient à être émouvante.

    Pour honorer la promesse faite à son père, voici bientôt Charlie en route pour Chicago à la recherche de son oncle, dont l'aide lui sera semble-t-il précieuse pour secourir Danny, flanquée de Maggie et d'Aaron, l'occasion de nous révéler que celui-ci est désormais en possession de la fameuse clef USB de Ben. À la nuit tombante, nos trois pélerins trouvent refuge dans la carcasse d'un avion où ils sont bientôt agressés par trois petites frappes sorties de nulle part, qui veulent visiblement boire un coup et prendre du bon temps avec Charlie et Maggie. Coup de bol, cette dernière avait prévu le coup ! Elle leur fait boire quelques gorgées d'un breuvage empoisonné et voici les deux premiers neutralisés en deux temps, trois mouvements ! Le troisième larron est pour sa part abattu alors qu'il tente de violer Charlie par une flèche décochée par Nate, le beau jeune homme que celle-ci a croisé en chemin près de la rivière plus tôt dans la journée. Elle est pas belle, la vie ?

    En parallèle, nous suivons le parcours de Danny. Figurez-vous que la milice a le bon sens de détenir ses prisonniers dans un champ, en plein air, avec pour toute attache une planche de bois fixée par une grosse vis rouillée mal serrée. Voilà qui est bien pratique pour permettre au jeune homme de se faire la malle au milieu de la nuit et de trouver refuge dans la maison la plus proche, chez une certaine Grace au petit matin. Le nom de cette dernière n'ayant d'ailleurs pas été mentionné dans l'épisode, j'ai dû me reporter à la partie casting des fiches de renseignements sur la série trouvables sur le web pour le connaître. Je vous dis, on ne s'embarrasse pas de détails comme le nom des personnages dans Revolution.

    Nous retrouvons Charlie et ses compagnons de route arrivant enfin à destination, au grand hôtel délabré où ils sont censés trouver Miles. Et là, on ne peut s'empêcher de penser que c'est bien dommage que le loto ait probablement disparu en même temps que la télévision parce qu'avec une veine pas croyable, celui-ci s'avère n'être autre que le premier quidam qu'ils interrogent sur la foule présente sur les lieux ! Une veine de cocu, je vous dis ! Et en plus, c'est qu'il a du flair, le bougre ! À peine trois minutes qu'il a fait leur connaissance qu'il découvre déjà que Nate est un traître qui appartient à la république de Monroe... si ça, c'est pas de l'instinct ! En vieux briscard à qui on ne la fait pas, Miles est évidemment doté d'un caractère de cochon et s'entête un moment à refuser de partir secourir son neveu parce que celui-ci n'est qu'un appât pour le conduire tout droit dans les filets de la milice mais devant le désarroi de Charlie, il finira évidemment par céder après une attaque au cours de laquelle ils ont réussi à neutraliser une quarantaine d'hommes à quatre. Quelle classe, quand même !

    Le lendemain matin, le capitaine Neville vient frapper à la porte de Grace, à la recherche de Danny. Deux ou trois répliques intimidantes à souhait plus tard, celle-ci le laisse donc entrer chez elle sans broncher et repartir aussi sec avec son prisonnier. Après tout, chacun sa merde, tant qu'il ne s'en prend pas à elle, aucune raison de s'en faire un ennemi.

    Comme c'est bien beau tout ça, mais les quarante-trois minutes de l'épisode touchent à leur fin, on se dit que l'heure est venue de nous pondre une révélation choc. Attention, tenez-vous prêts à découvrir l'impensable : le grand méchant de l'affaire, ce n'est pas Neville ! Celui-ci n'est qu'un sous-fifre du terrible Général Monroe, lequel n'est autre que le compagnon de beuverie de Miles le soir où tout a basculé ! Ah ben tiens, si on l'avait pas vue venir à dix kilomètres, celle-là !

    Mais n'oublions pas l'essentiel, on est après tout dans une série produite par J.J. Abrams, les enfants, alors il nous faut obligatoirement un mystère de la mort qui tue. Voilà donc qu'on retrouve Grace, prenant toutes les précautions pour s'assurer que personne ne la voie monter dans son grenier où, surprise mes amis, elle sort un connecteur énergétique similaire à celui de Ben que possède Aaron - c'est probablement le même, question de budget - et communique via son ordinateur avec un mystérieux interlocuteur...

    Attention, spoiler potentiel ! Conseil d'ami, passez directement au paragraphe suivant si vous n'avez pas suivi l'actualité des mouvements de casting de la série pendant l'été. En y réfléchissant un minimum, je suis quasiment certain de l'identité de l'interlocuteur en question. Allez, me faîtes pas croire que vous n'avez pas trouvé ça suspect, vous, tout le foin qu'on a fait dans la presse quand Elizabeth Mitchell a récupéré le rôle initialement confié à Andrea Roth. Et ça ne vous a bien sûr pas non plus mis la puce à l'oreille d'apprendre quelques jours plus tard que le rôle de Maggie était voué à passer du statut de personnage régulier à celui de simple récurrent... Personnellement, j'ai du mal à croire qu'on soit allé chercher Elizabeth Mitchell pour lui faire faire de la simple figuration trois minutes par-ci, cinq minutes par-là dans des flashbacks tout au long de la saison. Et comme on s'est bien gardé de nous en dire plus sur la mort de Rachel, je ne serais pas du tout surpris qu'elle ne soit pas plus morte que vous et moi mais soit en fait le leader de la rébellion à laquelle appartient visiblement Grace. Voilà qui en plus lui donnerait une place de choix sur la liste des potentielles amantes à venir de Miles, parce que le coup du mufle renfrogné célibataire endurci, on sait tous que ça ne durera qu'un temps !

    Si je devais tenter à tout prix de trouver un point positif à ce pilote, je dirais qu'outre la présence de quelques comédiens solides, dont la prometteuse Tracy Spiridakos que j'espère déjà retrouver ailleurs prochainement, la seule véritable qualité de Revolution, c'est son esthétisme. Visuellement, c'est très beau, qu'il s'agisse des décors ou des costumes, ils n'ont pas lésiné sur cet aspect là - je pense notamment au décor de l'hôtel de Chicago avec son faux air de théâtre antique en ruines, un régal pour les yeux. Pour les costumes, on notera qu'Aaron porte un tee-shirt au nom d'AC/DC probablement plus pour la référence au courant électrique qu'en raison de ses goûts musicaux et on conviendra que l'industrie textile est la seule à ne pas du tout avoir pâti des quinze années sans électricité... Bonjour la crédibilité, une fois de plus, mais on nous aura au moins épargné les pagnes, peaux de bêtes et autres feuilles de vigne, c'est toujours ça !

    Pour résumer, malheureusement, la seule révolution que j'ai vue ici, et ça me fait mal de le dire car je peux vous assurer que ça me met vraiment en rogne, c'est celle qui semble s'être opérée dans l'esprit des dirigeants de NBC. La saison dernière a été catastrophique au niveau des audiences, alors c'est l'artistique qui va trinquer cette année au profit d'œuvres moins qualitatives, mais plus vendeuses auprès d'un public de masse. Adieu projets ambitieux demandant un investissement du téléspectateur, place à la médiocrité qui fait fureur chez CBS depuis des années. C'est dans ces moments-là qu'on comprend comment la chaîne en est arrivée à associer un programme comme Community à Whitney dans sa grille de rentrée. On privilégie le style à la substance et c'est vraiment fort regrettable.

    À vouloir ratisser trop large, la série s'attirera probablement les faveurs des marchands de glace, d'alcool, de poisons divers et de clefs USB, mais certainement pas celles des amateurs de séries, qui n'apprécieront pas d'être pris pour des truffes. Désolé, NBC, cette soupe sent l'attrape-couillon à plein nez et la suite, ce sera sans moi ! Cette semaine, J.J. Abrams disait à la presse avoir la nostalgie du temps où il produisait Felicity. Vous savez quoi ? Moi aussi.

    Tiens, je t'ai pas déjà vu quelque part, toi ?

    Quand je vous dis que ce pilote transpire la pauvreté par tous les pores : exception faite de figurants sans envergure, il n'y a même pas de guest stars, donc pour le coup, je ressors bredouille pour cette rubrique.

    Revolution 01x01 - Pilot


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